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  • Ma mondialisation — RuTube
    Fonds de pension, délocalisation, mondialisation font désormais partie de notre langage quotidien, mais demeurent des notions abstraites, souvent angoissantes. À travers le regard plutôt «atypique» d’un chef d’entreprise de
    la vallée de la mécanique de précision en Haute-Savoie, le film raconte cette phase récente du capitalisme dominé par des mécanismes financiers «globaux» et implacables. Victimes de leur succès, toutes les plus grosses
    entreprises de la vallée ont déjà été rachetées par des sociétés financières dont l’unique souci est la rentabilité maximale dans des temps records. Une illustration parfois drôle, et le plus souvent cruelle, du choc des cultures entre l’industrie et l’univers de la finance.


    “Le conte archiréaliste et par instant drolatique de la «success story»d’un entrepreneur des Alpes à l’heure de la
    délocalisation. ” - LIBÉRATION

    “A elle seule, l’histoire de cette vallée raconte toute l’histoire récente du capitalisme.” FRÉDÉRIC LORDON Economiste

    “Le film est une leçon d’économie internationale vue à travers des hommes pris dans les contraintes du marché mondialisé.” LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ


    Le réalisateur : Gilles Perret

    MA MONDIALISATION est le 10ème documentaire de Gilles Perret, 38 ans, habitant à Mieussy en Haute- Savoie. Il s’applique à évoquer les problèmes du monde à travers des personnages de son entourage. Après T.I.R.-TOI DU MONT-BLANC consacré aux opposants au retour des camions à Chamonix et 8 CLOS À EVIAN consacré au G8 d’Evian,
    MA MONDIALISATION est le 3ème film consacré à la politique et l’économie mondiales. Par ailleurs, Gilles Perret collabore au magazine de la montagne de France 3, “Chroniques d’en Haut”.
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    Capitalisme Chine Docu Economie France Mondialisation Ouvriers
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    Incas, bâtisseurs d'empire (1 sur 4) - Vidéo Dailymotion
    Episode 2 : Incas, bâtisseurs d´Empire

    La cordière des Andes déploie ses massifs majestueux le long de la côte ouest du continent sud américain. Depuis plus de 3000 ans, ces montagnes sont un foyer de civilisations exceptionnelles. Des peuples conquérants ont profondément marqué de leurs empreintes cet environnement unique.

    Les Incas sont les derniers à avoir dominé les Andes. Leur histoire débute au XV e siècle et s´interrompt brutalement un siècle plus tard à l´arrivée des conquistadors espagnols. Dans cet intervalle de temps relativement bref, ils vont construire un empire immense : le territoire Inca couvre 32 degrés de latitude, comme si une seule puissance régnait entre Saint Petersbourg et Le Caire. Dans les lieux les plus inaccessibles, ils vont édifier d´incroyables cités.

    La chute brutale de leur empire au début du XVIe siècle nous a fait perdre leur trace. Qui étaient-ils ? Comment ont-ils su maîtriser un environnement aussi difficile? Qui étaient leurs rois, leurs dieux? Quelles étaient leurs conceptions de la vie, de la mort ? Que reste-t-il de leur histoire ?

    Le film nous entraîne au coeur de l´incroyable Saga Inca, de Cuzco à Machu Picchu, aux coins les plus reculés de l´empire, des archéologues cherchent à comprendre comment les Incas ont réussi à unifier un territoire aussi vaste et lui donner une cohérence politique et économique. Contraints de maîtriser un environnement particulièrement difficile, les Incas ont développé un système original et unique dans l´histoire de l´humanité.

    Photo: HV Series Les peuples du soleil Incan, Mayan, and Aztec Worlds
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    Archéologie Docu Histoire Incas Terre
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    ▶ Les Origines du Sida - Reportage Complet - Entier 2013 - YouTube
    AUTEUR: Peter Chappell, Catherine Peix

    Le vaccin contre la polio est le premier vaccin à être fabriqué à partir de reins de singes. Comment le fabrique-t-on ? Quels sont les différents types de vaccins anti-polio ?

    Pour faire un vaccin, on commence par faire une culture à partir de reins de singes puis il faut :

    Prélever un morceau de tissu rénal et le diviser avec une paire de ciseaux.
    Laisser reposer cette suspension pour faire une monocouche de cellules.
    Ajouter le virus de la polio.
    Prélever ensuite le liquide de ces cultures.
    Filtrer pour enlever le reste des cellules. On obtient alors une suspension de virus. Soit on l’inactive avec du formol, soit on l’affaiblit par des passages successifs dans des cultures de cellules.

    Il existe deux types de vaccins :

    1) Le vaccin inactivé et injecté de Jonas Salk. Il contient des particules de virus de la polio qui ont été tuées dans du

    formol. L’immunité qu’il confère est temporaire et nécessite trois injections successives. Pour fabriquer son vaccin, Jonas Salk utilise des reins de macaques Rhésus.

    2) Les vaccins vivants atténués de Albert Sabin et de Hilary Koprowski.
    Ils contiennent des particules de virus de la polio qui sont vivantes, mais affaiblies au cours d’un long processus où l’on passe le virus dans des cultures de cellules, jusqu’à ce que sa capacité à déclencher la maladie disparaisse. Ce vaccin est administré par la bouche et est efficace dès la première prise. Les notes de laboratoires d’Albert Sabin attestent qu’il utilisait des reins de macaques Rhésus ou de macaques synomolgus. Hilary Koprowski a « perdu » toute documentation permettant de prouver l’espèce de singe qu’il a utilisée. Il nie avoir utilisé des chimpanzés.

    La course au vaccin

    Dans les années 50, les Etats-Unis sont en guerre contre la polio, ce fléau qui attaque les enfants. C’est le début d’une course au vaccin entre les plus grands scientifiques : Jonas Salk, Albert Sabin et Hilary Koprowski. Chronologie.

    27 février 1950 : Hilary Koprowski est le premier à tester son prototype de vaccin oral, à base de virus vivant atténué, sur un enfant américain de Letchworth village.

    12 avril 1955 : Le vaccin de Jonas Salk est homologué. C’est un vaccin qui utilise un virus inactivé, autrement dit « tué » et qui nécessite trois injections. Une campagne de vaccination de masse suit cette homologation aux Etats- Unis. 90 millions d’Américains seront vaccinés.

    23 avril 1955 : Drame autour de la vaccination antipoliomyélite : 260 enfants ayant reçu le vaccin Salk tombent malades, onze d’entre eux meurent. Des lots de vaccins provenant des laboratoires Cutter (en Californie) étaient défectueux : ils contenaient encore du virus vivant.

    Mai 1955-1960 : Ce drame relance la course au vaccin entre Albert Sabin, au Children’s Hospital Research Foundation (Cincinnati), et Hilary Koprowski, d’abord au Laboratoire Lederle (Pearl River, État de New York) puis au Wistar Institute de Philadelphie.

    1958-1959 : Albert Sabin teste son vaccin oral, à base de virus vivant atténué, sur 6 millions d’enfants en URSS.

    1957-1960 : Hilary Koprowski teste son vaccin expérimental « CHAT » sur 1 million d’Africains du Congo belge.

    Novembre 1958 : Albert Sabin analyse le vaccin « CHAT » de Hilary Koprowski et découvre qu’il est instable et contaminé par un virus inconnu.

    Novembre 1958 : L’OMS désapprouve dans une lettre confidentielle les campagnes de vaccinations de masse menées par Hilary Koprowski au Congo belge.

    Printemps 1960 : Le vaccin oral d’Albert Sabin est homologué et utilisé dans le monde entier pour les campagnes de vaccinations de masse.

    Durant l’été 1955, Hilary Koprowski et Ghislain Courtois, virologue et directeur du laboratoire médical de Stanleyville (Congo belge), se rencontrent lors d’un colloque au Kenya et décident de créer un camp d’élevage de chimpanzés pour faire officiellement des recherches sur l’hépatite et la polio.
    Chronologie.

    Hilary Koprowski et le Congo belge

    1er mai 1956 : Le projet aboutit : ouverture du Camp Lindi, situé en retrait de Stanleyville. Ghislain Courtois en est le directeur.

    Janvier 1957 : Plus de 200 chimpanzés sont déjà arrivés au Camp Lindi. Février 1957 : Ghislain Courtois reçoit Hilary Koprowski pour la première fois au Camp Lindi. Ils immortalisent cette visite par une photo « officielle » devant la pancarte du camp.

    Mars 1957 : Premières vaccinations de 4228 personnes avec le vaccin oral expérimental « CHAT » de Hilary Koprowski à Stanleyville.

    1er mai 1957 : Hilary Koprowski quitte les laboratoires Lederle à Pearl River dans l’État de New York (Etats-Unis) avec son vaccin oral expérimental « CHAT ». Il devient directeur du Wistar Institute à Philadelphie.

    1er octobre 1957 : Inauguration en présence de Hilary Koprowski, Ghislain Courtois et toute l’équipe des médecins belges du nouveau laboratoire médical de Stanleyville (Congo belge). Ce laboratoire est immense et possède la technologie de pointe de l’époque.

    26 décembre 1957 : Deux ans et demi après l’ouverture du camp, Gilbert Rollais, le chasseur officiel du camp et son équipe de Pygmées ramènent le 401e chimpanzé au Camp Lindi. 1er février 1958 : Fritz Deinhardt, spécialiste en cultures de tissus au Children’s Hospital de Philadelphie arrive à Stanleyville pour, officiellement, faire des recherches sur l’hépatite.

    Du 24 février au 10 avril 1958 : En l’espace de six semaines, 215 504 personnes sont vaccinées avec le vaccin « CHAT 10A11 » dans la vallée de la Ruzizi, frontière entre le Congo belge, le Rwanda et le Burundi.
    Novembre 1958 : L’OMS désapprouve les campagnes de vaccinations de masse menées par Hilary Koprowski au Congo belge.

    1959 : Dans le cadre de leurs recherches, Joseph Vandepitte et Arno
    Motulsky font le tour du Congo belge et collectent 2000 échantillons de sang humain.

    En 1985, le chercheur André Nahmias découvrira que l’un de ces échantillons est positif au VIH...

    Juin 1960 : Indépendance du Congo belge.
    La situation politique entraîne la fermeture du Camp Lindi dans lequel il reste 50 chimpanzés. Au total, un million de personnes ont reçu le vaccin expérimental Science sans conscience ?
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    Docu Histoire Médecine Science SIDA VIH
  • LES 7 MERVEILLES DU MONDE - Une playlist sur Dailymotion
    Parmi les sept merveilles du monde, la statue de Zeus, créée par Phidias, mesurait plus de 12 mètres. La charpente en bois de la statue fut entièrement recouverte de plaques d'ivoire. Dans la grande cité d'Halicarnasse, au IVe siècle avant Jésus Christ, fut érigé le plus grand mausolée jamais construit. Cet ouvrage unique, mariait des styles empruntés à différents pays et les procédés utilisés étaient extrêmement novateurs. A Ephèse, le temple d'Artémis compte parmi les toutes premières oeuvres monumentales de l'architecture grecque. Le temple, construit entièrement en marbre et doté de 126 colonnes, fut réduit en cendres en 356 avant Jésus Christ. Quant à la grande pyramide, seule merveille à avoir traversé le temps, elle fut bâtie en 2560 avant JC pour accueillir la dépouille du pharaon Khéops.
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    Archéologie Docu Histoire Terre
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    ▶ Le Sang Des Betes - Georges Franju - 1949 - Vidéo Dailymotion
    source : http://www.letempsdetruittout.net/gasparnoe/index.asp?v=261

    Un documentaire sur les abattoirs de Vaugirard (15e) et ceux de La Villette (19e) dans les années d'après-guerre, décrivant avec précision l'abattage et le dépeçage des bêtes. La froide objectivité du commentaire reflète la tranquille conscience professionnelle des bouchers et tempère parfois avec humour la violence des scènes filmées. Dans ce classique, Franju dépasse le réalisme du reportage en installant une atmosphère poétique, voire fantastique.

    Les lignes qui suivent , ne sont pas une critique éclairée ni même éclairante du court-métrage « Le sang des Bêtes » .
    Elles furent écrites avec larmes et tripes , après une descente aux Enfers dont je ne me remettrai jamais .
    L’émotionnel et le viscéral sont des réactions à double tranchant :
    Ils font jaillir ce qu’il y a de plus sincère de plus honnête en soi …mais ils annihilent aussi tout sens de la mesure , au point de nous rendre sourds et aveugles à tout argumentaire qui n’aurait pas l’heur d’être en total accord avec le sien propre .
    J’invite donc chacun , à faire ce voyage au cœur de la Vie et de la Mort .
    Car , pour que certains vivent , d’autres doivent mourir !

    « Le sang des Bêtes » débute comme un film de Marcel Pagnol .
    Une petite musique enjouée qui fleure bon la Provence , le thym , le romarin et la lavande .
    Un noir et blanc qui nous renvoie à un cinéma français à l’accent tellement enchanteur .
    Mais que l’on ne s’y trompe pas !
    Car si en surface tout est paisible , des enfants jouent , des amoureux s’embrassent , dans l’ombre aux Portes de Paris , à l’insu de tous , la Mort frappe .
    Des convois de trains et de camions , mènent aux abattoirs , veaux , vaches , chevaux et autres moutons .
    On ne peut s’empêcher de faire un terrible parallèle avec les Trains de la Mort .
    « Le sang des Bêtes » fut tourné en 1949 … la libération des Camps ne date que de 1945 .
    La manière dont Georges Franju filme les façades des abattoirs n’est d’ailleurs pas anodine .
    Le sang se glace , tant ces bâtisses rappellent l’entrée des Camps de Concentration .
    Pourtant , pas un mot à ce sujet … mais les images parlent d’elles-mêmes .
    Les commentaires se font en deux temps pour chaque abattoir visité .
    La présentation extérieure est faite par une femme .
    Sa voix est fluette , douce , empreinte d’émotion .
    Elle prépare à l’indicible et donne toute leur humanité aux images qui suivront .
    Lorsque les Animaux apparaissent et que l’on pénètre dans les lieux , c’est un homme qui prend le relais .
    Sa voix est très technique , neutre , descriptive et ses explications chirurgicales .
    D’où une absence totale de larmoiement .
    Larmoiement qui aurait totalement desservi le propos du court-métrage et l’aurait fait sombrer dans le pire des mélos de la cause animale .
    Chaque ouvrier vaque à ses occupations … très peu d’ouvrières .
    Les états d’Ame sont absents .
    Les uns sifflent , les autres chantent .
    On les comprend ô combien !
    Il faut prendre de la distance face à tant de souffrance .
    Presque tout sert chez l’Animal sacrifié .
    Même les sabots des chevaux deviennent de l’engrais .
    Des religieuses recueillent la graisse bovine .
    Comment ne pas éprouver une éternelle reconnaissance envers ceux dont on prend la Vie ?
    Ce mal est nécessaire , c’est une des terribles Lois de la Nature !

    Georges Franju cite Beaudelaire à la fin du « Sang des Bêtes » .
    Voilà ce que dit le poète .
    « Je te frapperai sans colère et sans haine , comme un boucher »
    « Sans colère , sans haine et avec la simple bonne humeur des tueurs qui sifflent ou chantent , parce qu’il faut bien manger chaque jour et faire manger les autres , au prix d’un très pénible et souvent dangereux métier ».
    Image étonnante que celle de deux Sœurs quittant les abattoirs .
    Je ne peux m’empêcher de penser qu’en récoltant la graisse animale , elles ont aussi collecté l’Ame des Bêtes .
    Car si il y a un Paradis pour l’Homme , il y a le même pour les Animaux !
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    Alimentation Animaux Docu Histoire Paris Spécisme Viande Végétarisme
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    ▶ Le Mythe Millénaire des Loups Garous - Vidéo Dailymotion
    Créatures fantastiques

    On a longtemps crû que certains individus avaient une âme particulière qui leur donnait la possibilité de se transformer en bête sauvage.

    Le film cherche à comprendre pourquoi depuis tant d'années nous sommes hantés par l'imagerie du loup-garou.

    Au Moyen Age, le loup était considéré comme une création de Satan pour disputer à Dieu la possession des âmes humaines.

    A notre époque le meilleur ami de l'homme est le chien...

    Avons-nous oublié que cet animal descend du loup ?

    Selon Freud, la peur du loup éprouvée par les enfants n'est en fait qu'une forme de la crainte qu'ils ont de leur père.
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    Docu Histoire Loup-Garou Mythe Psychologie
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    ▶ Le mythe de la bonne guerre - Vidéo Dailymotion
    La Deuxième Guerre Mondiale, une croisade américaine pour la défense de la liberté et de la démocratie ? Les vainqueurs écrivant l'histoire, c'est cette version qui est enseignée depuis 1945 des deux côtés de l'Atlantique. Alors que l'on se prépare à célébrer le 60ème anniversaire de la capitulation, Jacques Pauwels, preuves à l'appui, dévoile le mythe de la «libération». Aux Etats-Unis, Hitler a très longtemps été considéré comme un excellent partenaire en affaires mais dans une guerre qui ne se déroule pas comme prévu, les alliances finissent alors par se former contre les «mauvais ennemis», avec les «mauvais alliés»... Le débarquement de Normandie qui ne survient que très tard, le 6 juin 1944, fera malgré tout de ce second conflit mondial une formidable aubaine financière pour les Etats-Unis. En libérant une partie de l'Europe des fascistes pour la «dominer» économiquement, toutes les conditions sont également réunies dès 1945 pour entamer une très longue Guerre froide...
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    40-45 Conférence Ford Guerre Hitler IBM Politique Pouvoir URSS USA
  • Le webdocumentaire | Le bonheur brut
    Et si on remplaçait pour mesurer la richesse d'un pays la mesure du produit intérieur brut par celle de la mesure du bonheur brut ? Pourquoi courir après la croissance alors qu'elle ne fait plus le bonheur ? Ce sont les deux questions sur lesquelles repose le webdocumentaire Le Bonheur Brut réalisé par Arnaud Grégoire, et que diffuse à partir de ce mercredi lesoir.be. Réalisé avec le soutien du Fonds pour le journalisme, le webdocumentaire est le premier du type en Belgique francophone, et le premier diffusé sur le site d'un journal.

    Arnaud Grégoire s'est lancé à l'assaut de ce nouveau genre journalistique, en mobilisant la plupart des ressources traditionnelles du web. Un blog d'abord. lancé en ce début d'année, et qui visait surtout à encourager la participation des internautes, et qui permettait de suivre l'expédition du journaliste, notamment au Bouthan, où Arnaud Grégoire s'est rendu pour interroger responsables politiques, institutions, citoyens, et interroger la notion de Bonheur Brut, dont le Bouthan est le champion du monde.

    Pourquoi ce format pour aborder de front une réalité aussi complexe ? « parce que le sujet est complexe et a priori rébarbatif. Et que le web docu permet. d'aborder beaucoup de facettes très différentes dans un même temps car l'info est « éclatée » en un réseau plutôt qu'en une narration linéaire », répond Arnaud Grégoire.

    Le webdocumentaire ramasse toutes ces données d'information dans un seul écran : les interviews filmées, les photos, mais aussi des graphiques animés dans un dessin animé didactique et drôle réalisé par Matthieu Safalty.
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    Bonheur Bouthan Capitalisme Ecologie Environnement Politique Simplicité Volontaire WebDocu
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    Les dettes publiques - Louis Even - Vidéo Dailymotion
    “L’Île des naufragés” fut l’une des premières histoires écrites par Louis Even, et demeure l’un des plus populaires pour faire comprendre la création de l’argent :

    L’Île des naufragés”, par Louis Even, publié sur le site du journal “Vers Demain”.

    1- Sauvés du naufrage

    Une explosion a détruit leur bateau. Chacun s’agrippait aux premières pièces flottantes qui lui tombaient sous la main. Cinq ont fini par se trouver réunis sur cette épave, que les flots emportent à leur gré. Des autres compagnons de naufrage, aucune nouvelle. Depuis des heures, de longues heures, ils scrutent l’horizon : quelque navire en voyage les apercevrait-il ? Leur radeau de fortune échouerait-il sur quelque rivage hospitalier ? Tout à coup, un cri a retenti : Terre ! Terre là-bas, voyez ! Justement dans la direction où nous poussent les vagues ! Et à mesure que se dessine, en effet, la ligne d’un rivage, les figures s’épanouissent. Ils sont cinq : François, le grand et vigoureux charpentier qui a le premier lancé le cri : Terre ! Paul, cultivateur ; c’est lui que vous voyez en avant, à gauche, à genoux, une main à terre, l’autre accrochée au piquet de l’épave ; Jacques, spécialisé dans l’élevage des animaux : c’est l’homme au pantalon rayé qui, les genoux à terre, regarde dans la direction indiquée ; Henri, l’agronome horticulteur, un peu corpulent, assis sur une valise échappée au naufrage ; Thomas, le prospecteur minéralogiste, c’est le gaillard qui se tient debout en arrière, avec une main sur l’épaule du charpentier.



    2- Une île providentielle

    Remettre les pieds sur une terre ferme, c’est pour nos hommes un retour à la vie. Une fois séchés, réchauffés, leur premier empressement est de faire connaissance avec cette île où ils sont jetés loin de la civilisation. Cette île qu’ils baptisent L’Île des Naufragés. Une rapide tournée comble leurs espoirs. L’île n’est pas un désert aride. Ils sont bien les seuls hommes à l’habiter actuellement. Mais d’autres ont dû y vivre avant eux, s’il faut en juger par les restes de troupeaux demi-sauvages qu’ils ont rencontrés ici et là. Jacques, l’éleveur, affirme qu’il pourra les améliorer et en tirer un bon rendement. Quant au sol de l’île, Paul le trouve en grande partie fort propice à la culture. Henri y a découvert des arbres fruitiers, dont il espère pouvoir tirer grand profit. François y a remarqué surtout les belles étendues forestières, riches en bois de toutes sortes : ce sera un jeu d’abattre des arbres et de construire des abris pour la petite colonie. Quant à Thomas, le prospecteur, ce qui l’a intéressé, c’est la partie la plus rocheuse de l’île. Il y a noté plusieurs signes indiquant un sous-sol richement minéralisé. Malgré l’absence d’outils perfectionnés, Thomas se croit assez d’initiative et de débrouillardise pour transformer le minerai en métaux utiles. Chacun va donc pouvoir se livrer à ses occupations favorites pour le bien de tous. Tous sont unanimes à louer la Providence du dénouement relativement heureux d’une grande tragédie.

    3- Les véritables richesses

    Et voilà nos hommes à l’ouvrage. Les maisons et des meubles sortent du travail du charpentier. Les premiers temps, on s’est contenté de nourriture primitive. Mais bientôt les champs produisent et le laboureur a des récoltes. À mesure que les saisons succèdent aux saisons, le patrimoine de l’île s’enrichit. Il s’enrichit, non pas d’or ou de papier gravé, mais des véritables richesses : des choses qui nourrissent, qui habillent, qui logent, qui répondent à des besoins. La vie n’est pas toujours aussi douce qu’ils souhaiteraient. Il leur manque bien des choses auxquelles ils étaient habitués dans la civilisation. Mais leur sort pourrait être beaucoup plus triste. D’ailleurs, ils ont déjà connu des temps de crise au Canada. Ils se rappellent les privations subies, alors que des magasins étaient trop pleins à dix pas de leur porte. Au moins, dans l’Île des Naufragés, personne ne les condamne à voir pourrir sous leurs yeux des choses dont ils ont besoin. Puis les taxes sont inconnues. Les ventes par le shérif ne sont pas à craindre. Si le travail est dur parfois, au moins on a le droit de jouir des fruits du travail. Somme toute, on exploite l’île en bénissant Dieu, espérant qu’un jour on pourra retrouver les parents et les amis, avec deux grands biens conservés : la vie et la santé.

    4- Un inconvénient majeur

    Nos hommes se réunissent souvent pour causer de leurs affaires. Dans le système économique très simplifié qu’ils pratiquent, une chose les taquine de plus en plus : ils n’ont aucune espèce de monnaie. Le troc, l’échange direct de produits contre produits, a ses inconvénients. Les produits à échanger ne sont pas toujours en face l’un de l’autre en même temps. Ainsi, du bois livré au cultivateur en hiver ne pourra être remboursé en légumes que dans six mois. Parfois aussi, c’est un gros article livré d’un coup par un des hommes, et il voudrait en retour différentes petites choses produites par plusieurs des autres hommes, à des époques différentes. Tout cela complique les affaires. S’il y avait de l’argent dans la circulation, chacun vendrait ses produits aux autres pour de l’argent. Avec l’argent reçu, il achèterait des autres les choses qu’il veut, quand il les veut et qu’elles sont là. Tous s’entendent pour reconnaître la commodité que serait un système d’argent. Mais aucun d’eux ne sait comment en établir un. Ils ont appris à produire la vraie richesse, les choses. Mais ils ne savent pas faire les signes, l’argent. Ils ignorent comment l’argent commence, et comment le faire commencer quand il n’y en a pas et qu’on décide ensemble d’en avoir… Bien des hommes instruits seraient sans doute aussi embarrassés ; tous nos gouvernements l’ont bien été pendant dix années avant la guerre. Seul, l’argent manquait au pays, et le gouvernement restait paralysé devant ce problème.

    5- Arrivée d’un réfugié

    Un soir que nos hommes, assis sur le rivage, ressassent ce problème pour la centième fois, ils voient soudain approcher une chaloupe avironnée par un seul homme. On s’empresse d’aider le nouveau naufragé. On lui offre les premiers soins et on cause. On apprend qu’il a lui aussi échappé à un naufrage, dont il est le seul survivant. Son nom : Martin Golden. Heureux d’avoir un compagnon de plus, nos cinq hommes l’accueillent avec chaleur et lui font visiter la colonie.
    - « Quoique perdus loin du reste du monde, lui disent-ils, nous ne sommes pas trop à plaindre. La terre rend bien ; la forêt aussi. Une seule chose nous manque : nous n’avons pas de monnaie pour faciliter les échanges de nos produits. »
    - « Bénissez le hasard qui m’amène ici ! Répond Martin. L’argent n’a pas de mystère pour moi. Je suis un banquier, et je puis vous installer en peu de temps un système monétaire qui vous donnera satisfaction. »
    Un banquier ! Un banquier ! Un ange venu tout droit du ciel n’aurait pas inspiré plus de révérence. N’est-on pas habitué, en pays civilisé, à s’incliner devant les banquiers, qui contrôlent les pulsations de la finance ?

    6- Le dieu de la civilisation

    - « Monsieur Martin, puisque vous êtes banquier, vous ne travaillerez pas dans l’île. Vous allez seulement vous occuper de notre argent. »
    - « Je m’en acquitterai avec la satisfaction, comme tout banquier, de forger la prospérité commune. »
    - « Monsieur Martin, on vous bâtira une demeure digne de vous. En attendant, peut-on vous installer dans l’édifice qui sert à nos réunions publiques ? »
    - « Très bien, mes amis. Mais commençons par décharger les effets de la chaloupe que j’ai pu sauver dans le naufrage : une petite presse, du papier et accessoires, et surtout un petit baril que vous traiterez avec grand soin. »
    On décharge le tout. Le petit baril intrigue la curiosité de nos braves gens.
    - « Ce baril, déclare Martin, c’est un trésor sans pareil. Il est plein d’or ! »
    Plein d’or ! Cinq âmes faillirent s’échapper de cinq corps. Le dieu de la civilisation entré dans l’Ile des Naufragés. Le dieu jaune, toujours caché, mais puissant, terrible, dont la présence, l’absence ou les moindres caprices peuvent décider de la vie de 100 nations !
    - « De l’or ! Monsieur Martin, vrai grand banquier ! Recevez nos hommages et nos serments de fidélité. »
    - « De l’or pour tout un continent, mes amis. Mais ce n’est pas de l’or qui va circuler. Il faut cacher l’or : l’or est l’âme de tout argent sain. L’âme doit rester invisible. Je vous expliquerai tout cela en vous passant de l’argent. »

    7- Un enterrement sans témoin

    Avant de se séparer pour la nuit, Martin leur pose une dernière question :
    - « Combien vous faudrait-il d’argent dans l’île pour commencer, pour que les échanges marchent bien ? » On se regarde. On consulte humblement Martin lui-même. Avec les suggestions du bienveillant banquier, on convient que 200 $ pour chacun paraissent suffisants pour commencer. Rendez-vous fixé pour le lendemain soir. Les hommes se retirent, échangent entre eux des réflexions émues, se couchent tard, ne s’endorment bien que vers le matin, après avoir longtemps rêvé d’or les yeux ouverts. Martin, lui, ne perd pas de temps. Il oublie sa fatigue pour ne penser qu’à son avenir de banquier. À la faveur du petit jour, il creuse un trou, y roule son baril, le couvre de terre, le dissimule sous des touffes d’herbe soigneusement placées, y transplante même un petit arbuste pour cacher toute trace. Puis, il met en œuvre sa petite presse, pour imprimer mille billets d’un dollar. En voyant les billets sortir, tout neufs, de sa presse, il songe en lui-même :
    - « Comme ils sont faciles à faire, ces billets ! Ils tirent leur valeur des produits qu’ils vont servir à acheter. Sans produits, les billets ne vaudraient rien. Mes cinq naïfs de clients ne pensent pas à cela. Ils croient que c’est l’or qui garantit les piastres. Je les tiens par leur ignorance ! »
    Le soir venu, les cinq arrivent en courant près de Martin.

    8- À qui l’argent frais fait ?

    Cinq piles de billets étaient là, sur la table.
    - « Avant de vous distribuer cet argent, dit le banquier, il faut s’entendre. L’argent est basé sur l’or. L’or, placé dans la voûte de ma banque, est à moi. Donc, l’argent est à moi… Oh ! Ne soyez pas tristes. Je vais vous prêter cet argent, et vous l’emploierez à votre gré. En attendant, je ne vous charge que l’intérêt. Vu que l’argent est rare dans l’île, puisqu’il n’y en a pas du tout, je crois être raisonnable en demandant un petit intérêt de 8 pour cent seulement. »
    - « En effet, Monsieur Martin, vous êtes très généreux. »
    - « Un dernier point, mes amis. Les affaires sont les affaires, même entre grands amis. Avant de toucher son argent, chacun de vous va signer ce document : c’est l’engagement par chacun de rembourser capital et intérêts, sous peine de confiscation par moi de ses propriétés. Oh ! Une simple garantie. Je ne tiens pas du tout à jamais avoir vos propriétés, je me contente d’argent. Je suis sûr que vous garderez vos biens et que vous me rendrez l’argent. »
    - « C’est plein de bons sens, Monsieur Martin. Nous allons redoubler d’ardeur au travail et tout rembourser. »
    - « C’est cela. Et revenez me voir chaque fois que vous avez des problèmes. Le banquier est le meilleur ami de tout le monde… Maintenant, voici à chacun ses deux cents dollars. » Et nos cinq hommes s’en vont ravis, les piastres plein les mains et plein la tête.

    9- Un problème d’arithmétique

    L’argent de Martin a circulé dans l’île. Les échanges se sont multipliés en se simplifiant. Tout le monde se réjouit et salue Martin avec respect et gratitude. Cependant, le prospecteur, est inquiet. Ses produits sont encore sous terre. Il n’a plus que quelques piastres en poche. Comment rembourser le banquier à l’échéance qui vient ? Après s’être longtemps creusé la tête devant son problème individuel, Thomas l’aborde socialement :
    « Considérant la population entière de l’île, songe-t-il, sommes-nous capables de tenir nos engagements ? Martin a fait une somme totale de 1000 $. Il nous demande au total 1080 $. Quand même nous prendrions ensemble tout l’argent de l’île pour le lui porter, cela ferait 1000 pas 1080. Personne n’a fait les 80 $ de plus. Nous faisons des choses, pas des piastres. Martin pourra donc saisir toute l’île, parce que tous ensemble, nous ne pouvons rembourser capital et intérêts. Si ceux qui sont capables remboursent pour eux-mêmes sans se soucier des autres, quelques-uns vont tomber tout de suite, quelques autres vont survivre. Mais le tour des autres viendra et le banquier saisira tout. Il vaut mieux s’unir tout de suite et régler cette affaire socialement. »
    Thomas n’a pas de peine à convaincre les autres que Martin les a dupés. On s’entend pour un rendez-vous général chez le banquier.

    10- Bienveillance du banquier

    Martin devine leur état d’âme, mais fait bon visage. L’impulsif François présente le cas :
    - « Comment pouvons-nous vous apporter 1080 $ quand il n’y a que 1000 $ dans toute l’île ? »
    - « C’est l’intérêt, mes bons amis. Est-ce que votre production n’a pas augmenté ? »
    - « Oui, mais l’argent, lui, n’a pas augmenté. Or, c’est justement de l’argent que vous réclamez, et non pas des produits. Vous seul pouvez faire de l’argent. Or vous ne faites que 1000 $ et vous demandez 1080 $. C’est impossible ! »
    - « Attendez, mes amis. Les banquiers s’adaptent toujours aux conditions, pour le plus grand bien du public… Je ne vais vous demander que l’intérêt. Rien que 80$. Vous continuerez de garder le capital. »
    - « Vous nous remettez notre dette ? »
    - « Non pas. Je le regrette, mais un banquier ne remet jamais une dette. Vous me devrez encore tout l’argent prêté. Mais vous ne me remettrez chaque année que l’intérêt, je ne vous presserai pas pour le remboursement du capital. Quelques-uns parmi vous peuvent devenir incapables de payer même leur intérêt, parce que l’argent va de l’un à l’autre. Mais organisez-vous en nation, et convenez d’un système de collection. On appelle cela taxer. Vous taxerez davantage ceux qui auront plus d’argent, les autres moins. Pourvu que vous m’apportiez collectivement le total de l’intérêt, je serai satisfait et votre nation se portera bien. »
    Nos hommes se retirent, mi-calmés, mi-pensifs.

    11- L’extase de Martin Golden

    Martin est seul. Il se recueille. Il conclut :
    « Mon affaire est bonne. Bons travailleurs, ces hommes, mais ignorants. Leur ignorance et leur crédulité font ma force. Ils voulaient de l’argent, je leur ai passé des chaînes. Ils m’ont couvert de fleurs pendant que je les roulais. Oh ! Grand banquier, je sens ton génie de banquier s’emparer de mon être. Tu l’as bien dit, illustre maître : "Qu’on m’accorde le contrôle de la monnaie d’une nation et je me fiche de qui fait ses lois". Je suis le maître de l’Ile des Naufragés, parce que je contrôle son système d’argent. Je pourrais contrôler un univers. Ce que je fais ici, moi, Martin Golden, je puis le faire dans le monde entier. Que je sorte un jour de cet îlot : je sais comment gouverner le monde sans tenir de sceptre. »
    Et toute la structure du système bancaire se dresse dans l’esprit ravi de Martin.

    12- Crise de la vie chère

    Cependant, la situation empire dans l’Île des Naufragés. La productivité a beau augmenter, les échanges ralentissent. Martin pompe régulièrement ses intérêts. Il faut songer à mettre de l’argent de côté pour lui. L’argent colle, il circule mal. Ceux qui paient le plus de taxes crient contre les autres et haussent leurs prix pour trouver une compensation. Les plus pauvres, qui ne paient pas de taxes, crient contre la cherté de la vie et achètent moins. Le moral baisse, la joie de vivre s’en va. On n’a plus de cœur à l’ouvrage. À quoi bon ? Les produits se vendent mal ; et quand ils se vendent, il faut donner des taxes pour Martin. On se prive. C’est la crise. Et chacun accuse son voisin de manquer de vertu et d’être la cause de la vie chère. Un jour, Henri, réfléchissant au milieu de ses vergers, conclut que le « progrès » apporté par le système monétaire du banquier a tout gâté dans l’île. Assurément, les cinq hommes ont leurs défauts ; mais le système de Martin nourrit tout ce qu’il y a de plus mauvais dans la nature humaine. Henri décide de convaincre et de rallier ses compagnons. Il commence par Jacques. Cela est vite fait :
    « Eh ! Dit Jacques, je ne suis pas savant, moi ; mais il y a longtemps que je le sens : le système de ce banquier-là est plus pourri que le fumier de mon étable du printemps dernier ! »
    Tous sont convaincus l’un après l’autre, et une nouvelle entrevue avec Martin est décidée.

    13- Chez le forgeur de chaînes

    Ce fut une tempête chez le banquier :
    - « L’argent est rare dans l’île, Monsieur, parce que vous nous l’ôtez. On vous paie, on vous paie, et on vous doit encore autant qu’au commencement. On travaille, on fait de plus belles terres, et nous voilà plus mal pris qu’avant votre arrivée. Dette ! Dette ! Dette par-dessus la tête ! »
    - « Allons, mes amis, raisonnons un peu. Si vos terres sont plus belles, c’est grâce à moi. Un bon système bancaire est le plus bel actif d’un pays. Mais pour en profiter, il faut garder avant tout la confiance dans le banquier. Venez à moi comme à un père… Vous voulez d’autre argent ? Très bien. Mon baril d’or vaut bien des fois mille dollars… Tenez, je vais hypothéquer vos nouvelles propriétés et vous prêter un autre mille dollars tout de suite. »
    - « Deux fois plus de dette ? Deux fois plus d’intérêt à payer tous les ans, sans jamais finir ? »
    - « Oui, mais je vous en prêterai encore, tant que vous augmenterez votre richesse foncière ; et vous ne me rendrez jamais que l’intérêt. Vous empilerez les emprunts ; vous appellerez cela dette consolidée. Dette qui pourra grossir d’année en année. Mais votre revenu aussi. Grâce à mes prêts, vous développerez votre pays. »
    - « Alors, plus notre travail fera l’île produire, plus notre dette totale augmentera ? »
    - « Comme dans tous les pays civilisés. La dette publique est un baromètre de la prospérité. »

    14- Le loup mange les agneaux

    - « C’est cela que vous appelez monnaie saine, Monsieur Martin ? Une dette nationale devenue nécessaire et impayable, ce n’est pas sain, c’est malsain. »
    - « Messieurs, toute monnaie saine doit être basée sur l’or et sortir de la banque à l’état de dette. La dette nationale est une bonne chose : elle place ; les gouvernements sous la sagesse incarnée dans les banquiers. À titre de banquier, je suis un flambeau de la civilisation dans votre île. »
    - « Monsieur Martin, nous ne sommes que des ignorants, mais nous ne voulons point de cette civilisation-là ici. Nous n’emprunterons plus un seul sou de vous. Monnaie saine ou pas saine, nous ne voulons plus faire affaire avec vous. »
    - « Je regrette cette décision maladroite, Messieurs. Mais si vous rompez avec moi, j’ai vos signatures. Remboursez-moi immédiatement tout, capital et intérêts. »
    - « Mais c’est impossible, Monsieur. Quand même on vous donnerait tout l’argent de l’île, on ne serait pas quitte. »
    - « Je n’y puis rien. Avez-vous signé, oui ou non ? Oui ? Eh bien, en vertu de la sainteté des contrats, je saisis toutes vos propriétés gagées, tel que convenu entre nous, au temps où vous étiez si contents de m’avoir. Vous ne voulez pas servir de bon gré la puissance suprême de l’argent, vous la servirez de force. Vous continuerez à exploiter l’île, mais pour moi et à mes conditions. Allez. Je vous passerai mes ordres demain. »

    15- Le contrôle des médias

    Martin sait que celui qui contrôle le système d’argent d’une nation contrôle cette nation. Mais il sait aussi que, pour maintenir ce contrôle, il faut entretenir le peuple dans l’ignorance et l’amuser avec autre chose. Martin a remarqué que, sur les cinq insulaires, deux sont conservateurs et trois sont libéraux. Cela paraît dans les conversations des cinq, le soir, surtout depuis qu’ils sont devenus ses esclaves. On se chicane entre bleus et rouges. De temps en temps, Henri, moins partisan, suggère une force dans le peuple pour faire pression sur les gouvernants… Force dangereuse pour toute dictature. Martin va donc s’appliquer à envenimer leurs discordes politiques le plus possible. Il se sert de sa petite presse et fait paraître deux feuilles hebdomadaires : “Le Soleil”, pour les rouges ; “L’Étoile”, pour les bleus. “Le Soleil” dit en substance : Si vous n’êtes plus les maîtres chez vous, c’est à cause de ces arriérés de bleus, toujours collés aux gros intérêts. “L’Étoile” dit en substance : Votre dette nationale est l’œuvre des maudits rouges, toujours prêts aux aventures politiques. Et nos deux groupements politiques se chamaillent de plus belle, oubliant le véritable forgeur de chaînes, le contrôleur de l’argent, Martin.

    16- Une épave précieuse

    Un jour, Thomas, le prospecteur, découvre, échouée au fond d’une anse, au bout de l’île et voilée par de hautes herbes, une chaloupe de sauvetage, sans rame, sans autre trace de service qu’une caisse assez bien conservée. Il ouvre la caisse : outre du linge et quelques menus effets, son attention s’arrête sur un livre album en assez bon état, intitulé : “Première année de Vers Demain”. Curieux, notre homme s’assied et ouvre ce volume. Il lit. Il dévore. Il s’illumine :
    « Mais, s’écrie-t-il, voilà ce qu’on aurait dû savoir depuis longtemps. L’argent ne tire nullement sa valeur de l’or, mais des produits que l’argent achète. L’argent peut être une simple comptabilité, les crédits passant d’un compte à l’autre selon les achats et les ventes. Le total de l’argent en rapport avec le total de la production. À toute augmentation de production, doit correspondre une augmentation équivalente d’argent… Jamais d’intérêt à payer sur l’argent naissant… Le progrès représenté, non pas par une dette publique, mais par un dividende égal à chacun… Les prix, ajustés au pouvoir d’achat par un coefficient des prix. Le Crédit Social… »
    Thomas n’y tient plus. Il se lève et court, avec son livre, faire part de sa splendide découverte à ses quatre compagnons.

    17- L’argent, simple comptabilité

    Et Thomas s’installe professeur :
    « Voici, dit-il, ce qu’on aurait pu faire, sans le banquier, sans or, sans signer aucune dette. J’ouvre un compte au nom de chacun de vous. À droite, les crédits, ce qui ajoute au compte ; à gauche, les débits, ce qui le diminue. On voulait chacun 200 $ pour commencer. D’un commun accord, décidons d’écrire 200 $ au crédit de chacun. Chacun a tout de suite 200 $. François achète des produits de Paul, pour 10 $. Je retranche 10 à François, il lui reste 190. J’ajoute 10 à Paul, il a maintenant 210. Jacques achète de Paul pour 8 $. Je retranche 8 à Jacques, il garde 192. Paul, lui, monte à 218. Paul achète du bois de François, pour 15 $. Je retranche 15 à Paul, il garde 203 ; j’ajoute 15 à François, il remonte à 205. Et ainsi de suite ; d’un compte à l’autre, tout comme des piastres en papier vont d’une poche à l’autre. Si l’un de nous a besoin d’argent pour augmenter sa production, on lui ouvre le crédit nécessaire, sans intérêt. Il rembourse le crédit une fois la production vendue. Même chose pour les travaux publics. On augmente aussi, périodiquement, les comptes de chacun d’une somme additionnelle, sans rien ôter à personne, en correspondance au progrès social. C’est le dividende national L’argent est ainsi un instrument de service. »

    18- Désespoir du banquier

    Tous ont compris. La petite nation est devenue créditiste. Le lendemain, le banquier Martin reçoit une lettre signée des cinq :
    « Monsieur, vous nous avez endettés et exploités sans aucune nécessité. Nous n’avons plus besoin de vous pour régir notre système d’argent. Nous aurons désormais tout l’argent qu’il nous faut, sans or, sans dette, sans voleur. Nous établissons immédiatement dans l’île des Naufragés le système du Crédit Social. Le dividende national remplacera la dette nationale. Si vous tenez à votre remboursement, nous pouvons vous remettre tout l’argent que vous avez fait pour nous, pas plus. Vous ne pouvez réclamer ce que vous n’avez pas fait. »
    Martin est au désespoir. C’est son empire qui s’écroule. Les cinq devenus créditistes, plus de mystère d’argent ou de crédit pour eux.
    « Que faire ? Leur demander pardon, devenir comme l’un d’eux ? Moi, banquier, faire cela ? Non. Je vais plutôt essayer de me passer d’eux et de vivre à l’écart. »

    19- Supercherie mise à jour

    Pour se protéger contre toute réclamation future possible, nos hommes ont décidé de faire signer au banquier un document attestant qu’il possède encore tout ce qu’il avait en venant dans l’île. D’où l’inventaire général : la chaloupe, la petite presse et… le fameux baril d’or. Il a fallu que Martin indique l’endroit, et l’on déterre le baril. Nos hommes le sortent du trou avec beaucoup moins de respect cette fois. Le Crédit Social leur a appris à mépriser le fétiche or. Le prospecteur, en soulevant le baril, trouve que pour de l’or, ça ne pèse pas beaucoup : « Je doute fort que ce baril soit plein d’or », dit-il. L’impétueux François n’hésite pas plus longtemps. Un coup de hache et le baril étale son contenu : d’or, pas une once ! Des roches, rien que de vulgaires roches sans valeur ! Nos hommes n’en reviennent pas :
    - « Dire qu’il nous a mystifiés à ce point-là, le misérable ! A-t-il fallu être gogos, aussi, pour tomber en extase devant le seul mot OR ! »
    - « Dire que nous lui avons gagé toutes nos propriétés pour des bouts de papier basés sur quatre pelletées de roches ! Voleur doublé de menteur ! »
    - « Dire que nous nous sommes boudés et haïs les uns les autres pendant des mois et des mois pour une supercherie pareille ! Le démon ! »
    À peine François avait-il levé sa hache que le banquier partait à toutes jambes vers la forêt.

    20- Adieux à l’Île des Naufragés

    Nul n’a plus entendu parler de Martin depuis l’éventrement de son baril et de sa duperie. Mais, à quelque temps de là, un navire écarté de la route ordinaire, ayant remarqué des signes d’habitation sur cette île non enregistrée, a jeté l’ancre au large du rivage. Nos hommes apprennent que le navire vogue vers l’Amérique. Ils décident de prendre avec eux leurs effets les plus transportables et de s’en retourner dans leur pays. Ils tiennent, par-dessus tout, à emporter le fameux album “Première Année de Vers Demain”, qui les a tirés de la griffe du financier Martin et qui a mis dans leur esprit une lumière inextinguible. Tous les cinq se promettent bien, une fois rendus dans leur pays, de se mettre en rapport avec la direction de “Vers Demain” et la belle cause du Crédit Social.

    • De la parabole à la réalité :

    Le système d’argent-dette, introduit par Martin dans l’Île des Naufragés, faisait que la petite communauté s’endettait financièrement à mesure que, par son travail, elle développait et enrichissait l’île. N’est-ce pas exactement ce qui se produit dans nos pays civilisés ? Le Canada actuel est certainement plus riche, de richesses réelles, qu’il y a 50 ans, ou 100 ans, ou qu’au temps des pionniers. Or, comparez la dette publique, la somme de toutes les dettes publiques du Canada d’aujourd’hui avec ce qu’était cette somme il y a 50 ans, il y a 100 ans, il y a trois siècles ! C’est pourtant la population canadienne elle-même qui, au cours des années, a produit l’enrichissement. Pourquoi donc la tenir endettée pour le résultat de son travail ? Considérez, par exemple, le cas des écoles, des aqueducs municipaux, des ponts, des routes, et autres constructions de caractère public. Qui les construit ? Des constructeurs du pays. Qui fournit les matériaux ? Des manufacturiers du pays. Et pourquoi peuvent-ils ainsi s’employer à des travaux publics ? Parce qu’il y a d’autres travailleurs qui, eux, produisent des aliments, des vêtements, des chaussures, ou fournissent des services, que peuvent utiliser les constructeurs et les fabricants de matériaux. C’est donc bien la population, dans son ensemble, qui, par son travail de diverses sortes, produit toutes ces richesses. Si elle fait venir des choses de l’étranger, c’est en contrepartie de produits qu’elle-même fournit à l’étranger. Or, que constate-t-on ? Partout, on taxe les citoyens pour payer ces écoles, ces hôpitaux, ces ponts, ces routes et autres travaux publics. On fait donc payer collectivement à la population, ce que la population, collectivement, a elle-même produit.

    Et ça ne s’arrête pas là. On fait payer la population plus que le prix de ce qu’elle a elle-même produit. Sa production, enrichissement réel, devient pour elle une dette chargée d’intérêts. Avec les années, la somme des intérêts peut égaler, ou même dépasser, le montant de la dette imposée par le système. Il arrive qu’on fasse payer la population deux fois ou trois fois, le prix de ce qu’elle a elle-même produit. Outre les dettes publiques, il y a aussi les dettes industrielles, elle aussi chargées d’intérêts. Elles forcent l’industriel, l’entrepreneur, à augmenter ses prix au-delà du coût de production, pour pouvoir rembourser capital et intérêts, sans quoi il ferait banqueroute. Dettes publiques ou dettes industrielles, c’est toujours la population qui doit payer tout cela au système financier. Payer en taxes quand il s’agit de dettes publiques ; payer en prix quand il s’agit de dettes industrielles. Les prix gonflent pendant que les taxes aplatissent le porte-monnaie.

    Tout cela et bien d’autres choses indiquent bien un système d’argent, un système de finance, qui commande au lieu de servir et qui tient la population sous sa domination — comme Martin tenait les hommes de l’île sous sa domination avant qu’ils ne se révoltent. Et si les contrôleurs de l’argent refusent de prêter, ou s’ils y mettent des conditions trop difficiles pour les corps publics ou pour les industriels, qu’arrive-t-il ? Il arrive que les corps publics renoncent à des projets qui sont pourtant urgents ; il arrive que les industriels renoncent à des développements ou des productions qui répondraient pourtant à des besoins. Et cela crée du chômage. Et pour empêcher les chômeurs de crever tout à fait, il faut taxer ceux qui ont encore quelque chose ou qui gagnent encore un salaire. Peut-on imaginer un système plus tyrannique, dont les maléfices se font sentir sur toute la population ?

    Et ce n’est pas tout. À part d’endetter la production qu’il finance, ou de paralyser celle qu’il refuse de financer, le système d’argent est un mauvais instrument financier de distribution des produits. On a beau avoir des magasins et des entrepôts pleins, on a beau avoir tout ce qu’il faut pour une production plus abondante encore, la distribution des produits est rationnée. Pour obtenir les produits, en effet, il faut les payer. Devant des produits abondants, il faudrait une abondance d’argent dans les porte-monnaie. Mais ce n’est pas le cas. Le système augmente le prix des produits, plus que l'argent disponible dans les porte-monnaie du public qui a besoin de ces produits. La capacité de payer n’est pas équivalente à la capacité de produire. La finance n’est pas en accord avec la réalité. La réalité, ce sont des produits abondants et faciles à faire. La finance, c’est de l’argent rationné et difficile à obtenir.

    Le système d’argent actuel est donc vraiment un système punitif, au lieu d’être un système de service. Cela ne veut pas dire qu’il faut le supprimer, mais le corriger. C’est ce que ferait magnifiquement l’application des principes financiers connus sous le nom de Crédit Social. (Ne pas confondre avec le parti politique qui prend faussement ce nom.)

    L’argent de Martin, dans l’Île des Naufragés, n’aurait eu aucune valeur s’il n’y avait eu aucun produit dans l’île. Même si son baril avait été réellement plein d’or, qu’est-ce que cet or aurait pu acheter dans une île sans produit ? Or, ou papier-monnaie, ou n’importe quels montants de chiffres dans le livre de Martin n’auraient pu nourrir personne, s’il n’y avait pas eu des produits alimentaires. Ainsi pour les vêtements. Ainsi pour tout le reste. Mais il y avait des produits dans l’île. Ces produits provenaient des ressources naturelles de l’île et du travail de la petite communauté. Cette richesse réelle, qui seule donnait de la valeur à l’argent, était la propriété des habitants de l’île, et non pas la propriété exclusive du banquier Martin. Martin les endettait pour ce qui leur appartenait. Ils l’ont compris quand ils ont connu le Crédit Social. Ils ont compris que tout argent, tout crédit financier, est basé sur le crédit de la société elle-même, et non pas sur l’opération du banquier. Que l’argent devait donc être leur propriété au moment où ils commençaient ; donc, leur être remis, divisé entre eux, quitte à passer ensuite des uns aux autres selon le va-et-vient de la production des uns et des autres. La question de l’argent devenait, dès lors, pour eux ce qu’elle est essentiellement : une question de comptabilité. La première chose qu’on exige d’une comptabilité, c’est d’être exacte, conforme aux choses qu’elle exprime. L’argent doit être conforme à la production ou à la destruction de richesse. Suivre le mouvement de la richesse : production abondante, argent abondant ; production facile, argent facile ; production automatique, argent automatique ; gratuités dans la production, gratuités dans l’argent.

    L’argent doit être au service des producteurs, à mesure qu’ils en ont besoin pour mobiliser les moyens de production. C’est possible, puisque cela s’est fait, du jour au lendemain, dès que la guerre fut déclarée en 1939. L’argent, qui manquait partout depuis dix années, est venu soudain ; et pendant les six années de guerre, il n’y a plus eu aucun problème d’argent pour financer toute la production possible et requise. L’argent peut donc être, et doit être, au service de la production publique et de la production privée, avec la même fidélité qu’il fut au service de la production de guerre. Tout ce qui est physiquement possible pour répondre aux besoins légitimes de la population doit être rendu financièrement possible. Ce serait la fin des cauchemars des corps publics. Et ce serait la fin du chômage et de ses privations, tant qu’il reste des choses à faire pour répondre aux besoins, publics ou privés, de la population.

    Le Crédit Social préconise la distribution d’un dividende périodique à tous. Disons une somme d’argent versée chaque mois à chaque personne, indépendamment de son emploi — tout comme le dividende versé au capitaliste, même quand il ne travaille pas personnellement. On reconnaît que le capitaliste, qui place de l’argent dans une entreprise, a droit a un revenu sur son capital, revenu qui s’appelle dividende. Ce sont d’autres individus qui mettent son capital en œuvre, et ces autres-là sont récompensés pour cela, en salaires. Mais le capitaliste tire un revenu de la seule présence de son capital dans l’entreprise. S’il y travaille personnellement, il tire alors deux revenus : un salaire pour son travail et un dividende pour son capital. Eh bien, le Crédit Social considère que tous les membres de la société sont capitalistes. Tous possèdent en commun un capital réel qui concourt beaucoup plus à la production moderne que le capital-piastres ou que le travail individuel des employés.

    Il y a d’abord les ressources naturelles du pays, qui n’ont été produites par personne, qui sont une gratuité de Dieu à ceux qui habitent ce pays. Puis, il y a la somme des connaissances, des inventions, des découvertes, des perfectionnements dans les techniques de production, de tout ce progrès, acquis, accumulé, grossi et transmis d’une génération à l’autre. C’est un héritage commun, gagné par les générations passées, que notre génération utilise et grossit encore pour le passer à la suivante. Ce n’est la propriété exclusive de personne, mais un bien communautaire par excellence. Et c’est bien là le plus gros facteur de la production moderne. Supprimez seulement la force motrice de la vapeur, de l’électricité, du pétrole — inventions des trois derniers siècles — et dites ce que serait la production totale, même avec beaucoup plus de travail et de bien plus longues heures par tous les effectifs ouvriers du pays.

    Sans doute, il faut encore des producteurs pour mettre ce capital en rendement, et ils en sont récompensés par leurs salaires. Mais le capital lui-même doit valoir des dividendes à ses propriétaires, donc à tous les citoyens, tous également cohéritiers des générations passées. Puisque ce capital communautaire est le plus gros facteur de production moderne, le dividende devrait être capable de procurer à chacun au moins de quoi pourvoir aux besoins essentiels de l’existence. Puis, à mesure que la mécanisation, la motorisation, l’automation, prennent une place de plus en plus grande dans la production, avec de moins en moins de labeur humain, la part distribuée par le dividende devrait devenir de plus en plus grosse. Voilà une tout autre manière de concevoir la distribution de la richesse que la manière d’aujourd’hui. Au lieu de laisser des personnes et des familles dans la misère noire, ou de taxer ceux qui gagnent pour venir au secours de ceux qui ne sont plus utilisés par la production, on verrait tout le monde assuré d’un revenu basique par le dividende. Ce serait en même temps un moyen, bien approprié aux grandes possibilités productives modernes, de réaliser dans la pratique le droit de tout être humain à l’usage des biens matériels. Droit que chaque personne tire du seul fait de son existence.

    Nombreux, en plusieurs pays, ceux qui voient dans le Crédit Social de Douglas ce qui a été proposé de plus parfait pour servir l’économie moderne d’abondance, et pour mettre les produits au service de tous. Il reste à faire prévaloir cette conception de l’économie, pour qu’elle devienne une réalisation dans la pratique. Malheureusement, au Canada, des politiciens ont galvaudé les deux mots « Crédit Social » en les prenant pour désigner un parti politique. C’est le plus grand tort qui ait jamais été fait à là compréhension et à l’expansion de la doctrine de Douglas. C’est devenu une source de confusion et une cause de défiance. Bien des gens refusent a priori d’entendre parler de Crédit Social parce qu’ils y voient un parti politique, et ils ont déjà donné leur allégeance à un autre parti. Pourtant, le Crédit Social, authentiquement compris, n’est pas du tout un parti politique. C’est exactement le contraire. Le fondateur même de l’école créditiste, C.H. Douglas, connaissait certainement mieux sa doctrine que n’importe qui ; infiniment mieux surtout que les petites têtes enflées qui veulent se servir de l’idée superficielle qu’ils en ont pour essayer de satisfaire leurs ambitions politiques. Or, Douglas a déclaré carrément qu’il y a incompatibilité entre Crédit Social et politique électorale. Parti politique et Crédit Social sont deux termes qui s’excluent l’un l’autre, par leur nature même, par leur but, leur moteur, leur esprit. Les principes du Crédit Social reposent sur une philosophie. Et cette philosophie donne la priorité à la personne sur le groupe, sur les institutions, sur le gouvernement lui-même. Toute activité faite au nom du Crédit Social authentique doit être une activité au service des personnes.

    C’est un tout autre moteur qui anime et oriente les activités d’un parti politique. Tout parti politique, ancien ou nouveau, a pour but premier de conquérir ou de garder le pouvoir, de devenir ou de rester le groupe qui gouvernera le pays. C’est la recherche du pouvoir pour un camp. Le Crédit Social, au contraire, conçoit le pouvoir redistribué à tous : le pouvoir économique, par un dividende périodique permettant à chaque individu de passer des commandes à la production de son pays ; le pouvoir politique, en faisant de l’État, des gouvernements à tous les échelons, la chose des personnes, et non pas les personnes la chose de l’État. C’est le gouvernement qui intéresse les partis politiques. Tandis que c’est la personne, l’épanouissement de la personne qui intéresse le vrai créditiste. La politique de parti porte les citoyens à abdiquer leur responsabilité personnelle, le parti mettant toute l’importance sur le vote, sur un acte de quelques secondes que le citoyen accomplit caché derrière un écran, après avoir été servi de ragoût électoral à toutes les sauces pendant quatre semaines. Le Crédit Social, au contraire, apprend aux citoyens à prendre eux-mêmes leur responsabilité, en politique comme dans le reste, et en tout temps, se faisant la surveillance et la conscience des gouvernements, clamant la vérité et dénonçant les injustices sans répit partout où elles se trouvent. Tout parti politique contribue à diviser le peuple, les partis luttant les uns contre les autres à la recherche du pouvoir. Or, toute division affaiblit. Un peuple divisé, affaibli, se fait mal servir. La doctrine du Crédit Social, au contraire, rend les citoyens conscients des aspirations fondamentales communes à toute personne. Un mouvement créditiste authentique apprend aux citoyens à s’unir pour des demandes sur lesquelles tous s’accordent, à faire au besoin des pressions concertées sur les gouvernants, quelle que soit l’équipe au pouvoir. C’est pour cela que le journal “Vers Demain” recommande en politique la pression du peuple groupé en dehors des parlements, mais agissant sur les gouvernements, afin que les élus du peuple légifèrent dans le sens du Crédit Social.
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    Histoire Antique - Les Bâtisseurs D'empires - La Chine ou la folie des grandeurs - Vidéo Dailymotion
    Les bâtisseurs d'empires

    De tous les grands empires qui ont émergé depuis 4 000 ans, seule la Chine a résisté à l'épreuve du temps.

    Siècle après siècle, les puissants monarques chinois ont mobilisé des armées de paysans pour bâtir des ouvrages uniques, fruit d'innovations techniques révolutionnaires.

    Avant la construction des premières pyramides égyptiennes, la Chine ancienne regorgeait déjà de somptueux palais royaux.
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    L' île aux fleurs - Jorge Furtado (1989) - [HQ] - YouTube
    L'Île aux fleurs (Ilha das Flores) est un court métrage documentaire brésilien réalisé par Jorge Furtado, sorti en 1989.


    Douze minutes : c'est le temps durant lequel nous suivons le parcours d'une tomate, depuis sa production dans la plantation de M. Suzuki, jusqu'à son point d'arrivée, décharge publique de l'île aux Fleurs. Film pamphlet, systématique et grinçant, ce court métrage dénonce la sous-humanité qu'entraîne l'économie de marché et les 22% de Brésiliens qui meurent de faim.
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    L'Argent Dette de Paul Grignon (FR intégral) - Vidéo Dailymotion
    La dette des gouvernements, des entreprises et des ménages a atteint des proportions astronomiques et enfle de plus en plus démesurément de jour en jour.

    D'ou vient tout cet argent ?
    Comment peut-il y avoir TANT d'argent à prêter ?

    La réponse est... qu'il n'y en a pas.

    De nos jours, L'ARGENT S'EST FAIT DETTE.

    S'il n'y avait PAS DE DETTE
    Il n'y aurait PAS D'ARGENT

    Si tout ceci vous laisse perplexe, rassurez-vous, vous n'êtes pas le seul ou la seule.
    Très peu de gens comprennent ce système, même si nous sommes tous touchés.

    Ce long métrage d'animation, dynamique et divertissant, de l'artiste et vidéographe Paul Grignon, explique les effets magiques mais pervers du SYSTEME ACTUEL D'ARGENT-DETTE dans des termes compréhensibles pour tous.
    Nous vous présentons le chef d'oeuvre de Paul Grignon pour la première fois disponible avec une bande son française et textes en français !

    FauxMonnayeurs.org: Depuis 1973 et entériné par l'article 104 de Maastricht et transposé dans l'article 123 de Lisbonne, l'Etat a supprimé le recours à l'émission de bons du trésor (emprunt d'état, exempt d'intérêts) puis s'est interdit toute création monétaire en interdisant tout recours à l'emprunt auprès de sa banque centrale à travers le traité européen. Cet état de fait, malicieusement déguisé, rend tout investissement "hors de prix". Ainsi nous sommes assis sur une montage de dettes artificielles dont les conséquences sont dramatiques: Diminution générale du pouvoir d'achat, extension de la pauvreté et misère absolue pour une majeure partie de la population terrestre.
    http://fr.public-debt.org/

    L'Argent Dette est distribuée en DVD par www.opening.fr (voir DVDtoile ou Amazon)

    Film également recommandé: Zeitgeist Addendum (copyleft sous titré FR)
    http://video.google.fr/videosearch?q=zeitgeist+addendum&hl=fr&emb=0&aq=o#q=zeitgeist%20addendum%20FR&hl=fr&emb=0
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    Argent Banques Dettes Docu Economie Histoire
  • Koyaanisqatsi: Life Out Of Balance-Full Length [Video]
    Ni film, ni documentaire, le réalisateur Godfrey Reggio propose une symphonie cinématographique sous la baguette de Philip Glass afin d'explorer une vision totale de notre monde dans des espaces temps peu coutumiers. Veritable OVNI visuel, novateur en 1983 à sa sortie, on explore avec une musique et des images sublimes le temps long de la nature et la suractivité humaine. A conseiller à ceux qui auraient aimé le documentaire Baraka, puisque l'image est du même créateur, Ron Fricke.
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    Cinéma Ecologie Environnement Nature Planète Terre
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    ET LA TERRE EST NÉE - YouTube
    Ce documentaire propose un voyage fabuleux à travers l'histoire de la Terre, de sa création à la formation des continents, des origines de la vie à l'apparition de la race humaine. Ce processus est relaté sur une période fictive de vingt-quatre heures, qui donne des repères de temps et permet d'appréhender les différentes phases de l'évolution. Des images de synthèse d'une qualité exceptionnelle redonnent vie à ces moments-clés de l'histoire de notre planète et démontrent comment les scientifiques en ont progressivement acquis une compréhension, notamment grâce aux avancées de la technologie.
    france 5
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    Darwin Docu Evolution Histoire Science Terre
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    ▶ Déchets le cauchemar du nucléaire - YouTube
    Déchets, le cauchemar du nucléaire est un film documentaire réalisé par Éric Guéret d'après une enquête de Laure Noualhat et Éric Guéret avec la collaboration de Michèle Rivasi.

    Après Le Monde selon Monsanto, Arte s’attaque au tabou de l’industrie nucléaire. Grâce à la liberté dont jouit la chaîne du fait de sa double nationalité, le réalisateur Eric Guéret et la journaliste Laure Noualhat ont pu mener une enquête de longue haleine et livrer un document magistral en même temps qu’un film d’utilité publique.

       « Les ingénieurs ont l'air sûrs d'eux, mais leur responsabilité est énorme. 6000 générations à qui ils ont le devoir de garantir la sécurité. Pouvons-nous leur faire confiance? »
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    ▶ Colères du temps / part 1/5 - Vidéo Dailymotion
    2002/2003 Deux ans de lutte sociale en France, deux ans de colere.

    Un appercu de quelque unes des luttes sociale de ces deux années en France.
    Certaines visionaires, d'autres encore et toujours d'actualité.
    Des Big Brother Awards recompansant les personalités et entreprises
    s'étant particulierement illustrée dans la destruction de nos libertés individuelles,
    a la lutte des intermitents contre la précarité dans le spectacle, et plus généralement
    dans toute la société.
    Prises de parolées, actions, manifestation, experiences alternatives...
    La vie de la contestation.
    Contre la guerre en Irak, en soutient aux sans papier du monde entier,
    contre les sommets des rapaces de ce systeme, pour la creation de lieux alternatifs,
    Contre les médias lobotomisant, pour une information libre et populaire,
    contre cette télé qui nous isole, pour les rencontres qui nous rapprochent,
    contre le sécuritaire, pour la liberté,
    contre la misere, pour le partage des richesses!

    Enfin, contre tout ces gens, politiques ou dirigeants economique,
    de gauche, de droite, fascisant, exploiteurs, ou couvert d'un
    vernis pseudo-humaniste, qui nous "gouvernent" ou aimeraient nous
    gouverner, qui pretendent savoir ce qui est bon pour nous alors
    que nous seul pouvons en decider.
    Tant qu'il y aura des riches et des pauvres, la lutte aura lieu d'etre.
    Tant qu'on ne jouira pas de nos libertés, la lutte aura lieu d'etre.

    En cette "année" électorale qui s'annonce fumeuse, il est bon de se rappeller
    les responsabilités de chacun. Qui nous maintient la tete dans la boue,
    et comment nous en sortirons par nos propres moyens.

    Une production Regarde a vue:
    http://www.regardeavue.com/
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    - http://www.dailymotion.com/video/xjrt2_coleres-du-temps-part-15_creation - Signaler un lien mort
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    ▶ Art Security Service - Vidéo Dailymotion
    Au printemps 2005, le promoteur immobilier Robelco, frappe les trois coups médiatiques d’un projet de "revitalisation" des Galeries Ravenstein à Bruxelles. Afin de "changer l’image de la galerie", le promoteur invite des galeristes à occuper temporairement des magasins. Au soir du vernissage, le dispositif de "revitalisation" apparaît in situ dans toute sa violence sociale. Au premier étage, les galeries d’art parées de tous les attributs de la légitimité culturelle. Au rez-de-chaussée, les cafés appelés à disparaître et leur clientèle frappée du stigmate de l’indignité. Bernard Mulliez mène des entretiens avec les différents intervenants. Du côté du monde culturel, outre les formes d’ (auto) aveuglement ou de lucidité désabusée, le racisme social des agents les plus compromis avec le promoteur laisse sans voix. La violence symbolique exercée contre ceux qui travaillent dans les bars du bas de la rotonde vient redoubler la violence économique, voire policière, décortiquées dans ce film, véritable épure des méthodes employées couramment par les promoteurs immobiliers.

    Réalisation : Bernard Mulliez. 2007. 1h30
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    ▶ 2057, le monde du futur - Notre planète
    Pendant ce temps, sur Terre, la paix est menacée par un conflit entre la Chine et les États-Unis à propos des dernières réserves de pétrole. La découverte des physiciens serait d’une importance capitale pour sortir de la crise énergétique et calmer les esprits. Tandis que chaque camp commence à mobiliser son arsenal militaire, Bob et Lichao se lancent dans une course contre la montre…

    C’est déjà demain
    En 2057, notre planète comptera 9 milliards d’habitants et la question de l’énergie sera cruciale. Aujourd’hui, on ne sait transformer en électricité que 30 % de la lumière du soleil. À l’université d’Utrecht, aux Pays-Bas, les chercheurs tentent déjà de mieux valoriser ce rayonnement : plutôt que d’utiliser des semi-conducteurs à base de silicium, ils envisagent d’exploiter les “points quantiques”.

    Ce travail relève des nanotechnologies, tout comme les recherches sur des matériaux ultrarésistants à base de carbone. Ceux-ci permettraient notamment de fabriquer un câble cinquante fois plus dur que l’acier, lequel pourrait être tendu entre la Terre et un contrepoids fixe en orbite. C’est sur ce câble que glisserait une navette spatiale… le fameux ascenseur dont rêvaient déjà des Russes à la fin du XIXe siècle et qui intéresse aujourd’hui la Nasa.
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    ▶ 2050 et si c etait maintenant? - Vidéo Dailymotion
    Un rapport du Pentagone avertit le président des États-Unis qu’un changement brutal du climat amènera la planète Terre au bord de l’anarchie et de la guerre nucléaire pour accéder aux ressources de base comme la nourriture et l’eau. Ce documentaire approche l’enjeu du réchauffement climatique sous l’angle des conséquences pour notre civilisation et du peu de temps qu’il nous reste pour réagir.
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